Ange KASONGO ADIHE

Ange KASONGO ADIHE, un parcours inspirant d’une journaliste et écrivaine talentueuse

Ancienne élève du Lycée Bosangani et licenciée de l’IFASIC, aujourd’hui diplômée en master de l’Ecole Supérieure de journalisme et sciences politiques Lille en France, 92e promotion, Ange KASONGO ADIHE est une journaliste, auteure et formatrice.

Elle est tombée amoureuse de l’écriture de manière subtile grâce à son père qui est philosophe, homme des lettres, directeur d’entreprise et pasteur. Toute l’enfance de Ange KASONGO est bercée par des images de son père en train de préparer ses enseignements, de lire, d’écouter la radio…

Depuis son jeune âge, elle savait ce qu’elle voulait devenir dans l’avenir. Elle s’est donné le moyen de réaliser ce rêve de devenir journaliste et écrivaine en travaillant dur , voir à passer de nuit blanche à lire.

 

Ange KASONGO n’a pas été désorientée par ses parents lorsqu’elle a choisit d’exercer le métier de journaliste, au contraire, ils l’ont soutenu et accompagné jusqu’au bout.

C’est en poursuivant son double master en France que la porte de la littérature l’a été cette fois grandement ouverte par Ariane Poissonnier, une journaliste et écrivaine française qui est devenue son mentor et à force de lire des livres et bouquins écrits par des journalistes, Ange KASONGO a adopté le style d’écriture singulière qu’on appelle <le journalisme narratif> qui est un mélange de littérature et journalisme.

Ange KASONGO ADIHE fait donc son entrée dans le monde littéraire en République Démocratique du Congo en 2019 avec le livre « Les femmes de Pakadjuma » qui attire l’attention du public sur elle. Au niveau national, le livre est vendu à plus de 1 000 exemplaires l’année de sa publication. Les médias internationaux comme TV5 organisent une descente sur terrain avec elle à Pakadjuma afin de palper au mieux les réalités de ce bidonville.

Ce livre de plaidoyer rédigé après une immersion de deux mois sur la situation des femmes de ce bidonville fait naître beaucoup de sujets à caractère humanitaire à Pakadjuma. Elle y retourne plus d’une fois pour sensibiliser les femmes avec une sociologue congolaise, Pascaline Zamuda qui met en place un projet d’entrepreneuriat et d’éducation citoyenne dans le bidonville que de nombreux Kinois redoutent.

Cinq ans après la publication du livre, il est réédité en février 2024 par la maison d’édition Mmilami basée à Goma qui veut favoriser l’accès aux livres aux étudiants dans la région des Grands Lacs.

Le livre aborde les questions identitaires à cause notamment des origines étrangères du père d’Ophélie, le personnage principal du livre, mais aussi des interrogations universelles sur l’espace, l’insécurité et le rapport à l’autre.

Aujourd’hui Ange est fière, d’une certaine mesure d’avoir réussi son plaidoyer, qui a touché des bonnes personnes qui à ce jour lancent des initiatives socio-culturelles et même humanitaires au profit des habitants de ce quartier. Son premier récit romancé « les femmes des pakadjuma » ayant comme  objectifs, de déconstruire les idées préconçues sur les femmes de ce bindoville et de pousser les gens à regarder le quartier de pakadjuma autrement car l’insécurité, le proxénétisme, on peut les trouver partout dans la ville de Kinshasa et ailleurs dans le monde.

Ange KASONGO ADIHE a assumé ses écrits, la sensibilité de l’histoire, l’approche, la méthodologie et l’engagement du récit pour parler des Femmes de Pakadjuma dont l’histoire était souvent parée de rouge et noir comme si c’était là, les seules couleurs devant résumer leur quotidien. Et une partie des lecteurs espérait qu’elle relate uniquement la prostitution et d’autres se sont laissés entrainer par l’histoire telle qu’elle avait décidé de la présenter. Le fait d’avoir nagé à contre-courant avait surpris bien des gens et tant mieux. Et pour cela aussi il fallait l’assumer.

En novembre 2023, elle publie le livre « BALOBAKI, la démocratie congolaise à l’heure des réseaux sociaux, des fake news et de la manipulation », aux éditions Harmattan pour sensibiliser la communauté sur la montée des Fakenews, la désinformation et les discours de haine dans les communautés.

Co-auteure de l’enquête sur les abus sexuels lors de la riposte Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) publiée par Reuters en 2021, où elle exerce comme journaliste reporter.

Kinoise pur jus, Ange est passée par l’Agence France-Presse comme journaliste en charge du Fact-checking en RDC entre 2019 et 2020, l’année postélectorale où les fausses informations et les messages de manipulation ont énormément tourné autour des politiques sur les réseaux sociaux.

Mais comme partout au monde, Ange croit que les difficultés sont les mêmes dans les sociétés réputées paternalistes. Premièrement, le regard que l’on porte sur une femme qui veut avoir un mot à dire dans la société est très différent que  le regard que l’on va porter sur la femme qui se tait en mâchant ses propositions, avalant ses envies, écrasant ses idées;“ sois belle tais-toi”. La responsabilité d’assumer son destin l’a permis à surmonter cette difficulté. Ensuite, il y avait l’horizon fermé de la littérature congolaise, pas assez  des maisons d’éditions, ni d’accompagnement, il fallait trouver sa place en assumant le fait qu’elle voulait tromper la littérature avec le journalisme sans être fidèle à l’un et l’autre. Elle a eu du mal à trouver un bon éditeur au début et c’est normal.

Une autre difficulté, c’est au niveau du style d’écriture classique parce que les gens ont parfois du mal à sortir de leur zone de confort.

Depuis 2020, Ange organise des ateliers sur les techniques de Fact-checking à Kinshasa et dans d’autres villes du pays en partenariat avec des médias locaux. Elle en a déjà formé 200 à Kinshasa. Sélectionnée par l’ambassade des États-Unis en 2022 pour suivre le programme Edward R. Murrow pour journalistes sur « la responsabilité des médias à l’ère de la désinformation ».

En 2022, Ange a créé “BALOBAKI CHECK”, un site spécialisé dans la vérification des faits pour lutter contre les fausses informations sur le processus électoral en RDC avec le soutien financier d’Open society Africa et mise en œuvre par le cabinet conseil en communication, CESD consulting.

Esther MPEZO OMBA